Dix ans de Langue des signes à l’université

La licence Langue des signes a été créée il y a dix ans. Elle forme à des postes d’interprètes, profs, médiateurs…
Michel Lamothe (au centre) a souhaité être accompagné de Jean-Louis Duchet, doyen honoraire Lettres et langues.
Photo de Gérard Chevalier

Les étudiants en sciences du langage Langue des signes de l’université de Poitiers ne se sont pas trompés. Dans le cadre d’un projet tutoré, ils ont compris toute l’importance de célébrer le 10e anniversaire de la licence Langue des signes. « La langue des signes est une langue vivante, une langue comme une autre et non une langue pour des sourds », insiste Michel Lamothe, cofondateur de l’association « 2 langues pour un enseignement » et pionnier du projet de licence à Poitiers. Alors, rien ne s’opposait à la création d’une licence et d’un CAPES pour que la langue des signes soit enseignée comme une autre langue. Dans un contexte pourtant favorable, entre le cadre législatif de la loi 2005 sur le handicap et la grande tradition d’accueil et de collaboration avec les personnes sourdes à Poitiers, le chemin fut long pour entrer à l’université.
30 étudiants chaque année
« Tout a commencé en 1979 par des voyages d’études à l’université de Gallaudet à Washington, la Mecque pour tout ce qui concerne l’éducation des sourds », explique Michel Lamothe. En 1988, le centre de recherche sur la langue des signes voyait le jour à Poitiers. Le reste n’est qu’une question de rencontres. « Lors d’un colloque international sur la langue des signes au Futuroscope, j’ai fait la connaissance de Paul Wass, directeur du département sciences du langage à Poitiers. Nous nous sommes interrogés sur la façon d’introduire la langue des signes à l’université. Sans Paul Wass, rien ne se serait passé ». En 1993, un projet d’enseignement est né entre l’université et le centre de recherche. De la nomination de maître de conférence en transformation des contenus, « sous la pression bienveillante du ministère, nous en sommes arrivés à la mise en place d’une licence en 2009 puis d’un CAPES dans la foulée », explique Jean-Louis Duchet, doyen Lettres et langues de l’époque.
Depuis, chaque année, une promotion de 30 étudiants de 3 année de licence tente le CAPES. Ils se destinent à des postes d’interprètes, de professeurs des écoles, de médiateurs auprès des institutions ou à des postes dans l’enseignement public. « C’est une formation qui a une vraie utilité sociale sur un enjeu de société, une licence standard non payante qui donne un statut et une mission pour l’université », concluent Michel Lamothe et Yves Jean, président de l’université.

Centre Presse – 19 avril 2019

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