Pour une offre culturelle à la communauté sourde

L’association Inter’Signes œuvre au développement des offres culturelles en langue des signes.

Estelle Arnoux (à gauche) et Lisa Le Duigou

Estelle Arnoux (à gauche) et Lisa Le Duigou

(Photo Inter’Signes)

Fondée en 2013, Inter’Signes est une association créée à Poitiers à l’initiative de deux femmes, une sourde, Estelle Arnoux, médiatrice culturelle, et une entendante interprète en français/langue des signes française (LSF) professionnelle, Lisa Le Duigou. Leur ambition est de développer l’intervention de professionnels sourds afin de développer des offres culturelles directement en LSF.

Poitiers est une des rares villes à proposer une accessibilité en LSF à l’éducation et aux soins. Malgré cette reconnaissance de l’importance de la LSF, Estelle Arnoux mesure l’ampleur de ce qui reste à faire dans le domaine culturel en comparaison à l’offre existante (musée, bibliothèque…) dans d’autres villes où la population sourde est nombreuse.

Agir dans les domaines privés et publics

Inter’Signes a initié de nombreux partenariats privés (l’Espace Mendès-France, le CGR Castille, les Expressifs, Zo Prod et les Usines nouvelles…) et quelques amorces avec des structures publiques (le zoo du Bois de Saint Pierre, le Miroir…). A ce jour, l’association constate des difficultés à rentrer en contact avec les structures municipales et déplore une programmation où les sourds sont trop souvent oubliés. Ceci en dépit de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées ratifiée par la France, qui notifie que l’accessibilité à l’éducation, aux soins, à l’information, à la culture, aux loisirs et aux sports est un droit. « Je pense qu’il est indispensable que toute personne sourde accède à la culture commune véhicule dans la société », souligne Estelle Arnoux.
Après cinq ans d’expériences, Inter’Signes défend l’idée qu’une accessibilité de qualité passe par l’embauche par la collectivité de personnes sourdes diplômées, comme référent linguistique et culturel au bénéfice d’une communication directe avec le public. L’association s’en est entretenue récemment avec Jacqueline Gaubert, élue de Poitiers en charge de la participation citoyenne. A terme, la mise en place d’un lieu dédié à la langue des signes française qui est également envisagée.

Centre Presse 24 avril 2018 – Stéphane Delannoy

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